Le Projet "développement et sécurité"

Convaincue que le problème du Sahel n’est pas politique mais économique, l’association Les Puits du Désert, qui intervient au Niger dans le domaine de l’eau, de l’éducation et de la santé, depuis 15 ans, a mis en place un programme de «Développement et Sécurité» pour les populations nomades
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Le Projet "développement et sécurité"

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Action en cours
Nord Niger

À propos

Dans le contexte particulier du Sahel, une région enclavée et entourée de zones conflictuelles, l’association, conformément à la politique nigérienne de lutte contre la pauvreté, et d’accès à l’eau potable, accompagne la région d’Agadez dans sa consolidation de la paix par l’accès à l’eau et participe à la réduction de la vulnérabilité par l’agriculture adaptée.

La situation au Nord du Niger, comme dans beaucoup de régions du Niger, est particulièrement difficile pour une population vulnérable aux aléas climatiques (inondations, avancée du désert, invasion de criquet, catastrophes naturelles etc..), de par sa position géographique, tout en étant confrontée aux événements actuels suite à l’embrasement et conflits de la sous région. C’est dans un contexte conflictuel, qu’est née la nécessité d’accompagner les populations locales dans leur développement économique, pour éviter la rareté, voire disparition, des partenaires de développement dans la région du à l’insécurité, mais également éviter le risque de radicalisation de la jeunesse par la pauvreté.

Afin d’accompagner les populations locales, le projet, dont la troisième phase commence, s’est donné pour mission d’améliorer l’accès à l’eau pour réduire les maladies hydriques; pour libérer les enfants de la corvée d’eau pour qu’ils puissent aller à l’école, pour accroître les revenus des ex-combattants par une réinsertion socio économique dans le maraîchage, pour consolider la paix et assurer la stabilité dans la zone.

Déja 15 puits villageois et 66 puits maraîchers ont été construits (2020), des formations en maraîchage et arboriculture pour les bénéficiaires de jardins ont été menées, ainsi que des formations à l’hygiène pour les familles.

C’est prés de 22.000 personnes, qui à moins de 5 kms de leur campement, ont accès à une eau potable de qualité; c’est plus de 1000 personnes qui bénéficient directement des produits issus des jardins irrigués par les 66 puits maraîchers construits; c’est plus de 120 personnes qui ont été formées à l’arboriculture, à l’agriculture et qui vivent de ce nouveau métier avec des revenus multipliés par 10; c’est une nouvelle coopérative de la vallée qui exporte les produits(surplus) des maraîchers sur divers marchés de la sous région; c’est également une alimentation diversifiée avec des fruits et légumes (oignons, pommes de terre, carottes, courgettes, gombos, haricots verts, piments, poivrons et citronniers, manguiers, papayers, pommiers, dattiers, goyaviers, grenadiers et orangers); c’est également avec une meilleure alimentation et une eau à proximité de bonne qualité, des maladies hydriques et le taux de mortalité infantile qui baissent; des débouchés pour les nouveaux entrepreneurs et constructeurs de puits, et une région plus stable et moins encline aux conflits sociaux et ethniques.

Des formations de formateurs à l’hygiène et à l’assainissement pour les enfants et les femmes de la zone sont assurées par les agents de santé, et réalisées par groupement de villages, mais surtout par type de personnes concernées.

Partenaires techniques:

Tout d’abord l’ONG nigérienne Tidène, qui assure la maîtrise d’ouvrage de tous les projets et donc le lien avec les populations demandeuses, les autorités locales et les bénéficiaires; la Direction Régionale de l’Hydraulique d’Agadez  qui assure le suivi et le contrôle de la bonne réalisation des puits et la désinfection de l’eau; Le maire de la commune dont dépendent les 5 villages, l’association des ex-combattants de l’Aïr qui est l’interface entre les ex-combattants, bénéficiaires des jardins maraîchers et l’ONG Tidène et qui veille au respect des engagements de consolidation de la paix; l’Amenokal (chef de groupement de l’ethnie des Ifoghas"touareg").

Au niveau financier, le projet a été financé par l’Agence Française de Développement (AFD), la Fondation Suez, l’Agence de l’eau Adour Garonne la Communauté Urbaine de Bordeaux (Bordeaux Métropole), ORANO/Areva, et les pompes KSB.

Ce dont nous sommes fiers:

  • La baisse significative des maladies hydriques. En 2013, le centre de santé intégré avait enregistré dans ses registres 13 enfants morts, 7 en 2014, 3 en 2015 ; et aucun décès depuis 2016. 
  • La réinsertion des ex combattants qui sont devenus des jardiniers, et qui vivent de cette nouvelle activité et qui ne sont plus tentés de prendre les armes – la zone est ainsi apaisée. Ces mêmes jardiniers ainsi formés, forment à leur tour leurs voisins et familles aux techniques de rendement agricole.
  • Les relais communautaires formés lors des formations à l’hygiène, transmettent l’information, sensibilisent les autres membres du village.

Fort de cette réussite, le financement d’une 3ème phase du projet a été acceptée par nos partenaires pour couvrir 5 nouveaux villages (2020).